Soliloques sur le Vaste Monde, Mai 2021

 

- Les couleurs de l’arc en ciel sont le produit de la dégradation de la lumière

- Craignez les légionnaires quand ils se prennent pour des centurions

- De l’entreprise comme un des beaux-arts

Les couleurs de l’arc en ciel sont le produit de la dégradation de la lumière

 

  

Le dernier truc anglo-saxon à la mode : s’en prendre à la France et son « obsession » laïque en ce qu’ils conduiraient à un refus de l’autre dans sa diversité, des autres dans leurs communautés et à raboter les différences au nom de l’égalité condition essentielle pour que la liberté soit possible. La démocratie à la Française déployée dans un déni des diversités et des communautés n’en serait qu’une caricature.

 

Si on a le sens de l’humour, on trouvera savoureux de s’entendre donner des leçons d’humanité par des gens ou des peuples qui ont abondamment massacré leurs autochtones. Canadiens, Américains, Australiens et autres sous-produits de l’Empire Britannique se sont débrouillé pour faire le vide autour d’eux. Les migrants ont, en leur temps, appliqué la thèse du grand remplacement, sans autre principe pour légitimer ces éliminations que le fameux et universel « ôte-toi de là que je m’y mette ». Ou, quand les grands principes étaient à leur portée, ils s’inspiraient de Darwin et bricolaient le « darwinisme social » : les pauvres sont les perdants comme les indigènes qu’on parque.

 

Aujourd’hui, immergés dans des soupières de tolérance, ils s’offusquent que nous n’y plongions pas nos cuillères.

 

Je n'aime pas la tolérance, émotion humide et flasque, huile répandue sur la chaussée, matériau protéiforme pour agresseur malin, dégoulinade masochiste pour occidental bizounoursé, ou enfin, sparadrap posé sur une blessure en espérant que les choses vont se rétablir naturellement.

 

Quand je tolère, je me fais violence, si j’en crois mon sentiment et les lettrés : la tolérance, issue du latin tolerare (supporter) et de tolerantia (endurance, patience, résignation), désigne la capacité à permettre ce que l'on désapprouve, c'est-à-dire ce que l'on devrait normalement refuser.

 

La tolérance, violence faite à soi-même, interdiction d’être soi-même face aux « eux-mêmes », c’est s’oublier soi-même. Il est toujours des commentateurs pour esquisser qu’ « on peut sans renoncer à soi-même, s’oublier un peu et laisser les autres entrer ». La tolérance serait alors, cet état caractérisant que dans le « soi » se trouve une faille, une fêlure, une béance. Les ennemis de la tolérance le nommeront « ver dans le fruit, paille dans le lingot, inclusion dans le diamant » dénonçant ce qui dévalorise le soi, au mieux ou, au pire, le ronge.

 

Le principe de laïcité est justement un refus de la dévalorisation de soi que des politistes anglo-saxons promeuvent sous la forme de l’exaltation des diversités, dit autrement sous la forme malsaine du refus de soi-même.

 

La diversité est un produit de la nature. A l’inverse, la laïcité revient à penser l'Homme comme, un jour, les Grecs en décidèrent : l’Humain, n’est pas une idée naturelle mais le fruit d’une pensée c’est à dire d’une volonté. Il est obtenu par distillation progressive, en décontextualisant, en délocalisant, en dégenrisant. La laïcité désigne ce qui est Homme, malgré toutes les apparences, les couleurs, les langues, les continents et les océans.

 

La Laïcité est une prise de position ex-ante : elle impose d’être Homme avant toutes choses, toutes pensées, toutes décisions et toute communication et rien que cela, c’est-à-dire le plus difficile. La laïcité s’oppose à la facilité qui consiste à laisser la nature dicter ses lois et accepter que les différences se mettent en ordre de bataille. Elle est contrainte et exigence quand pour les pays anglo-saxons, il s’agit de laisser-faire, laisser-passer, pure et simple transposition des lois du marché.

De l’entreprise comme un des beaux-arts

 

Elon Musk est un personnage impressionnant. Tout autant que le sont des chefs d’entreprise aussi différents les uns des autres que Warren Buffett, Jeff Bezos et quelques autres. Je n’irai certainement pas chercher au fond de leurs histoires personnelles la justification de leurs succès. Je préfère laisser de côté les fameuses explications qui font venir la passion de gagner d’une grande douleur personnelle, d’un choc émotionnel grave ou de la présence d’une mère passionnément maternelle. J’ai la tentation de penser que les œuvres des grands chefs d’entreprise dont « détachables » de leurs auteurs, comme les grandes œuvres d’art, le sont des artistes, les grandes inventions, des scientifiques. Lorsqu’une œuvre est grande disait Heidegger, le nom de l’auteur importe peu. La Vénus de Milo n’a rien perdu à perdre son sculpteur et le David de Florence ne souffrirait pas qu’on oubliât le nom d’un certain Michel Ange.

 

Ce n’est pas dire que l’auteur, le chef d’entreprise, l’artiste n’y est pour rien ! Il est sublimé par l’œuvre et emporte passions et enthousiasmes. Les grandes œuvres frappent par leurs capacités de mobilisation et par les rassemblements de talent qu’elles provoquent. Plus que tous autres créateurs, les chefs d’entreprises sont audacieux de l’audace de ceux qui les entourent et qui puisent leurs forces dans l’audace même du « créateur », « de l’initiateur ». Curieuse circularité qu’on peut aisément illustrer par l’incroyable capacité de ces derniers à faire vivre au premier cercle, hommes, institutions, entreprises alliées, des moments difficiles, des pertes considérables, des mises en place dont la lenteur fait douter les plus raisonnables, c’est-à-dire les plus fragiles, ou, plus simplement, tous ceux qui font preuve non de passion mais de conscience.

 

Il aura fallu convaincre le premier, puis par diffusion, les deuxième et troisième cercles que l’œuvre est belle et grande, que les pataugeages et les cafouillages ne sont que des péripéties. Ils auront été entourés d’un premier rang de disciples, déployant tous leurs efforts à faire vivre une idée que personne ne connaissait ou que personne n’avait pu concevoir, à faire comprendre au plus grand nombre qu’une idée folle n’est pas de la folie, mais de la lucidité sur les choses et les évènements de demain, celle qu’on nomme vision et qui n’appartient pas au domaine des mirages mais à celui de la religion ou de la poésie.

 

Ils auront ainsi, de proche en proche, bâti des réseaux de confiance, de conviction et de défense même éloignée.

 

Illustration naïve des processus qui ont permis à quelques entreprises disruptives de briser les codes et de rafler les mises ? Allons! m’opposera-t-on, c’est trop facile de faire l’apologie des œuvres qui ont été reconnues. On se garde bien d’évoquer les échecs, les naufrages de certains projets et les rangs fournis des disciples laissés sur le carreau. Rappelons cette pensée de Cicéron : on montre à Diagoras, un athée, les portraits de dévots qui avaient prié et avaient survécu à un naufrage qui leur était arrivé ensuite. Diagoras demanda alors « où sont les portraits de ceux qui avaient prié et qui sont morts ? ».

 

On aurait raison si, on imaginait que l’œuvre étant accomplie, rayonnera et étonnera pour l’éternité. C’est oublier que même les plus grandes des plus grandes œuvres d’art, ont souvent disparu pour renaître un peu plus loin changées ou déformées : notre Vénus de Milo n’était pas plus blanche que les cathédrales.

 

Toute entreprise, un temps, est une œuvre unique, dont la présence écrase et interdit les autres tentatives. Un temps, seulement, car, à moins d’être figées pareilles à des dogmes ou à des systèmes théoriques, l’œuvre, perd ses vertus et ses charmes. Peu importe où se trouve l’auteur, d’autres œuvres parviennent à briller au milieu d’autres œuvres porteuses elles aussi de lumières. L’œuvre venait d’une vision. Maintenant qu’elle est visible, elle peut être reproduite.

 

Alors, immanquablement, l’œuvre entrepreneuriale disparaîtra, dans l’ombre répandue par les autres. Plus tard, on s’en souviendra, ainsi qu’on aime à rêver en pensant à l’invention de la boussole.

 

Et Tesla devra se débrouiller face aux vieilles œuvres redécouvertes, Volkswagen, Renault, General Motors. Celles qui ont perdu leurs auteurs depuis longtemps.

Craignez les légionnaires quand ils se prennent pour des centurions

 

 

On n’essaiera pas de se souvenir du Bon Général Boulanger qui faillit emporter la République et qui mourut, commenta Clémenceau, « comme il avait vécu, en sous-lieutenant ». Imaginez le désolant spectacle qu’offrirait toute une armada de sous-lieutenants abonnés à Valeurs Actuelles, courant se flanquer une balle dans la tête dans un cimetière bruxellois. A un moment où on n’arrive pas à rassembler les doses de vaccin contre le covid, où les vieux meurent en masse, ce serait sacrifier trop de jeunesse française.

 

On se gardera aussi de faire les Déroulède ou un de ses suiveurs. Pour punir les soldats qui ont oublié leurs vœux de silence, on aurait pu penser à leur faire avaler le drapeau qu’ils ont sali. Là aussi, ne nous berçons pas d’illusions. Ils ont été formés pour résister à n’importe quelle ingestion depuis les pots de nutella jusqu’aux boites en plastique des bizounours : « ils ont le cœur trop haut pour un haut le cœur ».

 

On ne pourra pas faire grand-chose, si ce n’est s’attendre à des remontrances de la hiérarchie et des supplications : « Surtout les gars, n’allez pas gueuler ‘ Marine nous voilà ’ ». C’est ambigu ! Le dernier officier qui a eu l’imprudence d’engager la Marine dans un combat politique, le trop célèbre Darlan, ne l’avait pas fait monter dans le chaudron des combats, il l'avait fait s'abîmer dans le froid des profondeurs marines.

 

La situation est douloureuse pour ceux qui ont pour mission d’emmener la France à la victoire, quel que soit l’ennemi, quoi qu’il en coûte en vies humaines sacrifiées. Le combat contre le virus échappe à nos soldats. S’il doit y avoir un dernier combat et une issue victorieuse, l’armée n’y sera pour rien. "Une fois de plus" ! Penserez-vous. Il est vrai que depuis 200 ans, elle accumule les frustrations, même si, cette fois-ci, l’incurie de la hiérarchie n’y est pour rien, même si, tout est venu d’une misérable petite bestiole !

 

On comprend que nos militaires à la retraite (mon Dieu, qu’il est sinistre ce mot au front du soldat !) ou d’active (Hélas, à chaque actif, un passif), se troublent, s’inquiètent et s’emportent. Dans ce combat, comme dans tous ceux qu’affronte la république, ils veulent leurs parts. Ils proclament justement que la France mérite des liens fraternels, paisibles et covid-free. Peut-on refuser que leur noble mission déborde un peu les tirs de missiles et les cavalcades d’hélicoptères ? Peut-on refuser le « droit de cité » à ceux qui la défendent ? Comme à Rome, un Pomerium intransigeant s’opposerait à leur présence parmi les citoyens ?

 

Il ne sera pas dit que la France d’aujourd’hui ostracisera ses légionnaires. Il faut que l’armée s’érige en parti, comme autrefois les ouvriers, en parti communiste, les paysans, en indépendants et paysans, les catholiques, en chrétiens démocrates. Mais, quel parti ? Quel nom lui donner ? Quel acronyme, résumant volonté et ambition ?

 

Je suggère que ce soit le « P.A.F », le Parti de l’Armée Française. C’est un sigle qui claque. Trois lettres suffisent pour dire l’urgence (SOS), la courtoisie (SVP) et le son de la baffe (Paf !!!) donnée aux voyous qui s’opposent ou aux experts qui s’interposent. PAF ! C’est autre chose du PIF décérébré que les communistes infligeaient à la jeunesse française, ou que POF, sorti d’esprits pré-soviétisés. Que dire du PUF des intellectuels ? Contre le PUF, certains militaires extrémistes pourraient sortir leur PAF ! Ce serait excessif. Insignifiant, par conséquent. Mais cela ferait mal.

 

Craignons cependant que le PAF fasse Plouf ! qui n’est pas un acronyme mais le bruit de quelques choses ou de quelques-uns tombés sans s’en rendre compte dans un sombre marigot : celui de la politique.


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