Soliloques sur le Vaste Monde

- La censure sur facebook

- Churchill "les Heures Sombres"

- Drame de Mélas : la part de l’Ange

- Quand on voulait utiliser le capital artistique de la France pour rembourser les dettes.

La censure sur facebook

Facebook et les crypto même combats?

Ne dites pas de choses qui déplaisent aux crypto.

Ne critiquez pas les monnaies cryptées. Ne dites que c'est un système de ponzi et que les tulipes sont une taupinière à côté du panzer-crypto.

Ne dites pas que les ICO sont l'objet de détournements de fous (voir le rapport d'Ernst and young). 

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Drame de Mélas : la part de l’Ange

 

Un car peut être envoyé dans un ravin ou être écrasé par un train si on admet qu’un chien lui a brusquement coupé la route ou que les barrières du passage à niveau étaient ouvertes.

 

Dans un Roman américain "De beaux lendemains", un bus scolaire, un soir d’hiver, quitte la route et s’écrase dans le lit d’une rivière. De nombreux élèves sont tué ; la conductrice du bus a survécu.

 

Chevronnée, elle conduit ce bus sur le même trajet depuis des années. Pas de défaillance technique, pas de verglas, rien pour justifier le coup de volant qui a précipité le car dans le ravin. Pourtant, au cours de l’enquête, la conductrice dit avoir été surprise par un chien qui traversait la route. Elle a voulu l’éviter. Or, l’enquête montre que personne n’a vu de chien.

 

Ce chien n’existe que dans son imagination en concluent les enquêteurs. C’est justement là que se noue la tragédie. Le chien a existé même s’il n’appartient qu’à l’imagination de la conductrice. Mais d’où vient qu’il ait surgi ?

 

Dans les deux cas, les conductrices étaient bien éveillées… pour elles, les barrières étaient ouvertes et le chien a traversé la route. Mais pour elles seules : c’était imperceptible pour toute autre personne. Deux univers pourraient donc coexister jusqu’au moment où un intrus vient les faire se télescoper.

 

On dit aussi que l’image du mouvement est, comme dans un film, construite par le cerveau à partir d’une succession d’images immobiles. Le cerveau opère par déduction mais aussi par anticipation : il «restitue un mouvement passé» et «extrapole un mouvement à venir». On dit que les centaines de battements de cils qu’on observe chez tout être humain sont des micro-périodes d’occultation destinée à déconnecter le cerveau d'images surabondantes car trop proches les unes des autres. Le regard étant occulté, le cerveau se repose. 

 

« Un autre » de nous-même est aux commandes.

Il se substitue à nous là où les événements, les actes et les décisions paraîtraient redondants. Ainsi serait-il rendu du temps et de l'énergie au cerveau pour arranger, penser, inventer.

 

Mais voilà le risque : cette prise en charge s’appuie sur la mémorisation d’images, d’idées, de mots. Un chien déboule sans prévenir : vieux souvenir d’un accident évité inscrit profondément. Mais si cette crainte de chien, tapie au fond de la mémoire, se trompe de temps et d’urgence, il faut accepter que le chien ait traversé la route. La barrière était levée? Sédimentation d’images venant des expériences du passé: celle d’une barrière nécessairement ouverte à l’heure du passage du car.

 

Dans le Roman, on finit par évoquer la part de l’Ange parce que rien n’est vraiment du ressort de la conscience et donc de la responsabilité face aux actes survenus.

 

La part de l’Ange, dit tout haut que l’homme ne décide pas de tout et suggère tout bas que son absolue responsabilité est une illusion. 

Le Beau et l’intelligence artificielle (IA)

 

Dans le Figaro, une phrase qui annonce que le meilleur est pour demain : « Et si un algorithme pouvait juger de la beauté d’une photo ? C’est ce que Google teste en ce moment. La firme met au point une intelligence artificielle qui prédira si une photo va plaire ou non ».

 

Il y a quelques temps, j’avais décrit une invention allemande « la caméra restricta » (suivre ce lien) : un procédé de géo-positionnement attaché à un appareil photo. Le principe en était simple : la caméra, dirigée par son propriétaire vers un sujet à photographier en informait une base de données. Celle-ci, par le moyen de l’intelligence artificielle et des calculs algorithmiques, analysait et vérifiait la photo pour établir qu’elle avait ou non déjà été prise. Dans l’affirmative, un message apparaissait sur l’appareil photo : « verboten » était-il inscrit (normal, s’agissant d’une invention allemande !). Le bouton déclencheur restait bloqué avant que le photographe prenne un cliché déjà pris des milliers de fois (si ce n’est des millions quand on pense à la Tour Eiffel). En cas de forçage, la sanction arrivait en quelques secondes : un message « delete », envoyé depuis la base de données, effaçait tout dans l’appareil à commencer par son système d’exploitation. 

 

Google, semble-t-il, irait plus loin visant le contenu même de l’image. Plus d’œuvres ratées, laides, mal prises, surexposées, sous-exposées, mal cadrées, floues, plus de couleurs criardes, ni de coups de pinceaux baveux ! Une base de données serait mise en branle, appuyée sur les « j’aime » ou les « j’aime pas » complétés des : « tout à fait ; modérément ; absolument » qui fleurissent à l’occasion de la monstration de photos, paysages, portraits, peintures, gravures, sur les réseaux sociaux ; à la lumière de ces critères si humains, elle identifierait ce qui « fait le beau » et, partant, pourrait par elle-même fabriquer la beauté en continu, au kilomètre (carré, s’agissant d’images bi-dimensionnelles). Elle pourrait, s’appuyant sur la recherche de constances, permanences et transparences, non seulement dire : « c’est beau » sans se tromper, mais aussi corriger les œuvres qui lui seraient soumises pour qu’elles atteignent le beau qu’elles ambitionnent et auquel les regardeurs aspirent.

 

Qui dit algorithmes et intelligence artificielle dit capacité à mouliner le passé pour en tirer l’avenir, tant il est vrai que l’avenir c’est du passé pas encore mûri. Donc, Google, pourrait proposer ses services aux artistes, non seulement pour les aider à améliorer leurs œuvres, mais aussi pour leurs créations nouvelles.

 

Les ratés, les barbouilleurs, les photographes amateurs, tous gens qui contribuent à dégrader l’œuvre, l’art et l’artiste, seraient conduits par Google vers le beau (et donc le bien et le bon) ou sortis du marché, en cas de résistance.  

 

La perfection serait dans l’art à défaut de la conscience dans la science.

 

 

PS : Tapez « le Beau » dans « Google » et choisissez « Images ». On y voit que le projet n’est pas encore au point. 

Churchill "les Heures Sombres"

 

C’est un très beau film. Le personnage est-il outré ? N’en a-t-on pas rajouté pour attirer le public. Il n’y a pas de grand Homme pour son valet de chambre, dit-on ; on a tendance, de nos jours,  à faire plaisir aux peuples en leur montrant que les monnaies sont devenues vieilles médailles et que les faits prestigieux étaient truqués.

 

Et de montrer que les héros ne sont pas bien grands. Dumouriez n’a pas de gloire à l’emporter à Valmy, les Prussiens étaient malades. Ou : Dumouriez avait acheté le duc de Brunschvicg grâce au produit du vol des bijoux de la couronne.  Oublié le fameux élan, la République en chantant, les sans-culottes qui dévalent la pente. Le réalisme s’impose face aux images d’Epinal. Dans le passé on triomphait sans péril… On aime bien trouver des morceaux de grands hommes au pied des piédestal.

 

Le paradoxe dans ce film est qu’on montre un monstre sacré qui l’est devenu en dépit (grâce) à l’humanité de son être. Paradoxe du paradoxe, celui pour qui le Premier Ministre n’est pas un grand homme est tout d’abord le Roi lui-même et non le valet.

 

Très beau film parce que c’est exactement le contraire d’un film d’action, d’un film héroïque. Pas de charge de cavalerie, pas de héros qui partent se faire casser la gueule en souriant, pas d’unanimité dans l’adversité. Tout le contraire. Un homme qu’on fait venir sans trop bien savoir pourquoi si ce n’est que personne ne veut faire le job. Churchill, Premier Ministre, c’est la solitude du pouvoir au sens le plus total du terme. C’est être seul de son avis. C’est être seul à penser l’impensable, à imaginer l’inimaginable. A voir l’avenir dans la fumée des incendies.

Etre Premier Ministre d’une grande Île face à la débâcle d’un continent. Forger une opinion contre toute attente et contre tous les sachants, les spécialistes, les raisonnables, les faibles et les forts. Se convaincre soi-même que le pire étant à venir, le mieux ne pourra pas ne pas se manifester à un moment ou à un autre : « every cloud has a silver lining ».

 

L’interprétation est bouleversante. L’Homme pris par ses doutes qui doit aller au-delà de toute hésitation. Décider. Une décision est-elle le fruit d’une réflexion ou l’origine de toutes les réflexions. Décider revient-il à collationner des faits et les mettre proprement bout à bout, en ordre ? Ou bien, s’agit-il d’en faire le fumier sur quoi l’avenir va de déployer.  Volonté non pas de vaincre la réalité qui s’impose mais de restaurer la capacité à croire que la réalité est « en l’état d’achèvement », « work in progress ».  

 

 

Ce film ne traite pas d’un homme mais de l’Homme face à l’impérieuse nécessité de vouloir et, en conséquence, de décider. Les décisions à prendre ne sont pas la conséquence nécessaire de faits «obtus» mais la cause hasardeuse de lendemains incertains.  Logique floue contre Big data ? Voir ce qu’on ne connait pas plutôt que d’être aveuglé par tout ce qu’on connait. 

 

Quand on voulait utiliser le capital artistique de la France pour rembourser les dettes.

Ecrit en 1972, ce rapport n'est heureusement plus d'actualité, il semble, 6 ans après, que le budget soit devenu vertueux. Sur un plan historique, il est bon de rappeler quelles dérives, voire paniques s'étaient emparées de nos dirigeants et à quelles extrémités ils étaient prêts.  

Ce document est reproduit pour l'éducation des générations futures. 

 

 

 

Les lignes qui suivent sont issues de notes prises lors de trois réunions du Comité Interministériel Contre la Crise et le Déficit des Finances Publiques (CICCDFP).

Moi-Président avait demandé que ces réunions du CICCDFP investiguent le thème suivant « Contribution de l’art, des artistes et des œuvres d’art à la lutte contre la crise et les déficits »

 

Réunion 1 (on s’est interdit de donner les dates ces réunions sont couvertes par le « secret-défense »)

 

Moi-Président a introduit la séance. Les notes sont reportées telles qu’elles ont été prises.

 

Moi-Président : « Je viens de terminer la Vie et les œuvres de Picasso ».

 

Silence.

 

«  Beaucoup de choses intéressantes là-dedans». Le Ministre de la Culture, intervient sur le mode interrogatif. « Sa peinture ? ». Moi-Président est agacé. Il n’aime pas qu’on l’interrompt pour des balivernes. « Picasso battait monnaie. C’est ça qui est intéressant ! ».

 

Silence. Puis intervention du Ministre des Finances « Je crois… des médailles frappées à la Monnaie… ». Moi-Président l’interrompt plus agacé encore: « mon histoire n’est pas terminée ! »

 

Silence.

 

« Quand Picasso voyageait à l’étranger, il n’emportait pas d’argent avec lui. Il avait dans sa poche un carnet à dessin et plusieurs crayons. Pour payer, il faisait un dessin. Un petit pour les petites dépenses, un gros avec un peu de couleur pour les plus grosses dépenses etc.…et il signait. Comme sur les billets de banque. Sauf que lui ne mettait pas de chiffres ».

 

Silence.

 

« Monsieur le Ministre des Finances. La Banque de France ne peut plus émettre de la monnaie. Or il est indispensable que le Trésor ait quelques recettes de poche.  Je veux qu’on convoque nos peintres français contemporains. Je veux qu’on leur demande un acte solidaire. Ils sauront le comprendre. Ce sont des artistes, ils sont donc de gauche comme sont tous les artistes. Je veux qu’ils créent de la monnaie. Vous les installerez là où ils voudront…Attention : le plus discret possible. Angela met son nez partout. Il faut se méfier. »

 

Moi-Président s’est tu à cet instant en regardant les uns et les autres avec cet air rayonnant comme quand il a fait une bonne blague. La Ministre Ecologique a éclaté de rire et répété plusieurs fois « Elle est très drôle votre histoire !».

 

Moi-Président a dit d’un ton sec : 

 

« Il vaut mieux des actes qui rapportent que des idées qui coûtent ». La Ministre Ecologique a aussitôt plongé dans ses dossiers.

 

Réunion 1 bis : suivi  de la réunion (CICCDFP) n°1.

 

Moi-Président : « les artistes sont là ? ». Le Ministre des Finances : « dans le petit bureau à coté de l’antichambre ». Le Président a l’air surpris « Ils vont tous tenir là-dedans ? ». Le Ministre de la Culture : «  Ils sont trois ou quatre, ils tiennent sans se serrer. Moi-président : « trois ou quatre ? Les artistes français contemporains ? ». La Ministre de la culture : « ceux qui comptent !». Moi-Président : « et les autres ? ». Le Ministre des Finances : « Les autres, non ! Ça ferait fausse monnaie »

 

Réunion 2 du (CICCDFP). Convoquée par les soins du Ministre des Finances.

 

Le ministre introduit la réunion: « sur la demande de moi-président, pour contenir les dérives budgétaires, cette réunion destinée à évaluer une proposition délicate.»

 

Moi-président a interrompu la présentation : « faisons bref ! Nous avons besoin d’argent. Bruxelles nous empêche de multiplier les prélèvements sur les riches. Ils disent « dépossession, spoliation, expropriation, nationalisation, atteinte à la propriété… ».  Il faut trouver autre chose. J’ai trouvé autre chose. Notre patrimoine culturel.

 

Moi-Président : « J’ai longuement parlé aux Espagnols. Ils vont mettre en vente quelques œuvres d’art. Ils pensent à Guernica. Les enfants des écoles espagnoles ne comprennent pas pourquoi on parle tant de cette ville. C’est plus petit que Madrid et même que Barcelone. Il y a aussi la Sagrada familia. Cela fait plus de 100 ans qu’ils essaient de la terminer. Ça n’avance pas. Ils pensent la débiter en numérotant les pierres avec un certificat d’authenticité. L’Escurial : ça c’est un gros morceau. Ils ont preneur pour le tout, musée, œuvres et gardiens. Cash, sans discount pour paiement comptant, payable en dollar mais avec une couverture de change à prix canon. »

 

« J’ai essayé d’appeler Mario Monti. Trop occupé en ce moment…Le patrimoine culturel, ce n’est pas ça qui manque chez eux. Ils pensent aussi à vendre du spectacle vivant ou une installation. Berlusconi dans un banga-banga. En duo avec DSK ? Si oui, on serait associé à l’opération. Ceci ne me plait qu’à moitié. Je veux dire l’association avec les Italiens. Je ne sais pas… »

 

Le Premier Ministre fait signe qu’il veut dire quelque chose « On est déjà associé avec les Italiens. Dans l’Euro ! Alors, une deuxième fois. »

 

Moi-Président a souri « …ce serait une fois de trop ? ». Le Premier Ministre a souri lui aussi.

 

Moi-Président reprend la Parole. « Voilà, il y a des idées. J’attends les vôtres. »

 

La Ministre de la Culture. « Le patrimoine culturel est inaliénable… ». La Ministre Ecologique surabonde « c’est comme le patrimoine naturel. On ne pourra pas vendre le cirque de Gavarni pas plus que le Cirque Medrano »

 

Le Premier ministre lui envoie un regard furibard. La Ministre Ecologique plonge dans ses dossiers.

Moi-Président au Premier Ministre: « Remarque, ce n’est pas idiot cette histoire de Gavarni. On creuse tout autour pour le dégager et le livrer à un acheteur. Du coup, on a un deuxième cirque un peu plus grand que le premier. Des poupées russes à l’envers. De plus en plus grandes. De plus en plus chères, par conséquent. Il faut y réfléchir ». Il fait son bon sourire à la Ministre Ecologique qui ne voit rien : elle est dans ses dossiers.

 

Moi-Président fait le tour de la table. « Alors… les idées ? ». Les ministres regardent attentivement le plafond, leurs ongles ou remontent avec vigueur leurs montres à quartz…

 

Moi-Président hausse le ton « les Idées ! Ça vient ? ».

 

Le Ministre des Affaires Etrangères. « Moi-Président, le commerce des antiquités,  j’en connais un rayon ! Tu sais, Papa… ». Moi-Président « au fait ! Laurent. Au fait ! On ne va pas parler boutique et commerce de détail. Puisque tu es compétent, la Joconde, ça ferait combien ? »

 

Le Ministre des Affaires Etrangères a mal dégluti. Quelque chose avalé de travers. Il a vite bu de l’eau, beaucoup. Pour faire passer. Maintenant, il crie : « Moi-Président… il ne faut pas ! Pas la Joconde ! Surtout pas ! Surtout pas elle! L’image. Pense à l’Image ».

 

Moi-Président affiche son sourire narquois. Comme s’il avait fait une farce : « La Joconde, c’est une peinture, Laurent, pas une image… ». Il se tourne vers les autres participants « et pas une image Pieuse… ». Là, il a son sourire blagueur. Tout le monde rit. Même la Ministre Ecologique qui n’a rien compris parce qu’elle était plongée dans ses dossiers.

 

Le Ministre des Affaires Etrangères est redevenu calme et très solennel : « Ce qu’un François a Acheté, un autre François ne peut pas le Vendre. Même avec 600 ans d’écart. Ce serait une image très négative ! »

Moi-Président est devenu rouge-pivoine après être passé de rose-farceur à blanc-livide.

 

« Ecoutez tous, vous avez une semaine pour me trouver des œuvres d’art à vendre qui n’auront pas été achetée par un quelconque François premier ou dernier. Notre pays est une mine de vieilles choses. Je vous invite à vous creuser vite la cervelle. »

 

La Ministre Ecologique. « Et si on vendait nos compétences ».

 

Moi-Président hausse les épaules, il ne veut plus supporter les fariboles des illuminés.

 

Réunion 2 bis : suivi  de la réunion (CICCDFP) n°2.

 

Les participants ont approuvé l’idée d’envoyer les dix plus belles œuvres du Louvre en prêt sur 150 ans au Louvre d’Abou Dhabi avec le droit de les promener où bon lui plaira. Pour 50 milliards d’euro. Ça paiera les intérêts de la dette pour 2013.

 

Réunion 2 du (CICCDFP). Convoquée par le Ministre des Armées.

 

Moi-Président : «  On ne perd pas de temps comme la fois dernière. On a besoin d’argent. Donc, messieurs, vite, vite ! »

 

Le Ministre des Armées. « Nous avons confirmation pour Venise et Bruges ».

 

Moi-Président, sévère, aux intervenants : « Nos voisins se remuent et vous vous regardez les trains passer ». La Ministre de l’écologie a ouvert la bouche. Moi-président dit brutalement « On ne parle pas des vaches, ou des passerelles pour grenouilles, mais du pognon…et ce ne sont pas les idées… ». Il s’interrompt tout d’un coup. On entend murmurer. « Du calme, Moi, du calme ».

 

Le Ministre des Armées. « Nos services secrets confirment : Venise a été vendue à un consortium sino-saoudien. Ça devrait rembourser la moitié de la dette italienne. Bruges : on est sûr que c’est vendu à un fond d’investissement mené par les Russes alliés à des Américains. La gestion sera déléguée à Disney Resort. On ne connait pas encore le prix de vente ». D’autres villes sont en cours de cession. Nous revoyons notre périmètre de défense en conséquence.

 

Moi-Président à tous: « Alors ? On continue à musarder, à herboriser… » Il a prononcé ce dernier mot sur un ton glacial. La Ministre Ecologique, sans prévenir, lance : « Eze ! ». Moi-président : « quoi Eze ? ». On pourrait leur vendre Eze village, c’est charmant, complètement défiguré par  toute une clique de propriétaires riches, on les vendrait avec… ».

 

Moi-Président « C’est idiot ! Eze, c’est de la menue monnaie. Ça fera des clopinettes. Moins que Le Puy du Fou, même si on met le fou comme paquet-cadeau. Il vaudrait mieux vendre des répliques de Vaux le vicomte dans des grandes sphères en verre où on peut faire neiger…. »

 

Moi-Président cesse ses propos venimeux. On entend murmurer. « Du calme, Moi, du calme ».

 

Le Premier Ministre a parlé. Il veut être positif. On sent la chaleur de son élocution. Il est passé de glacé à tiède. « Il y aurait Sarlat. Le produit est au point. Le centre-ville fait vraiment moyenâgeux. C’est bourré de touristes. Beaucoup d’Allemands en short. Les Chinois arrivent. Ils remplacent les retraités anglais. Ceux-là se sont réfugiés dans la banlieue où on sert de la soupe populaire ».

 

Moi-Président se tourne vers le Ministre des Affaires Etrangères « Sarlat, ça pourrait faire un bon prix sur le marché de l’antiquité ? ».

 

Le Ministre fait ça moue inimitable de grand spécialiste de l’antiquité : « Il en faudrait plusieurs pour atteindre le Score de Venise ».

 

Moi-président « plusieurs… »… A ce moment précis, la ferveur des participants a brutalement pris cette proportion si émotionnante qu’on ne trouve qu’à Gauche. Les uns proposent : « Uzès, c’est vieux…et on l’a bien refait ». « La Rochelle, on pourrait y remettre des protestants et installer quelques bûchers pour aller avec ». Un autre s’écrie : « Il y a le vieux Lille ». Moi-Président sourit de toutes ses dents et précise : « mettez tout dans le paquet Lille, le grand et le petit, le centre et la périphérie et tous ses bijoux et ses monuments, ses petits métiers et ses grands politiques ». Et tous de rire de bon cœur. Le rythme est trouvé.

 

Réunion 2 bis : suivi  de la réunion (CICCDFP) n°3.

 

Les participants ne sourient pas.

 

Moi-Président : « Alors ? »

Le Premier Ministre « invendables »…sauf Eze « Un farfelu qui habite à Oman. Il a acheté les riches qui vont avec »

 

« En fait, ils veulent autre chose.

Moi-président, sombre.

« Que veulent-ils ? »

La réponse claque « Versailles ! ».

« La ville ? »

« Non, le Château ».

Moi-Président a écrasé une larme avant de signer.


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