Soliloques sur le Vaste Monde, janvier 2023

Morne Plaine

Et même si tout n'est pas brillant

La gauche des allocations et des minima sociaux

La moustache de Poutine

 

La mort du chat

MORNE PLAINE

D’après Damien Ernst Professeur titulaire en électromécanique à l'Université de Liège, cette crise pourrait compliquer notre réponse à la crise énergétique:
« Ce phénomène dure depuis près de trois ans. Nous constatons une accentuation du problème. Pour les parcs éoliens en mer du Nord par exemple, au cours des premiers mois de l’année 2022, une baisse de l’ordre de 30% de la production a été constatée par rapport à ce qui était prévu. Les résultats sont donc très mauvais.
A titre d’exemple sur l’Allemagne aujourd’hui, sur les 65 gigawatts du parc éolien installé en Allemagne, il y a 2,64 gigawatts qui fonctionnent réellement. Le taux de charge de l’éolien est maintenant de 4%.
Ce phénomène aggrave terriblement la crise énergétique. Avec l’absence de vent, l’Allemagne est obligée de se tourner vers le gaz et le charbon »
 
Cette information s’est trouvée confirmée. Il faut suivre, ci-après, le rapport sur la question des éoliennes.
 
 

« Morne plaine »

 
dit-on par réflexe, lorsque, flânant ou voyageant, on traverse une vaste étendue sans borne, sans éminence rocheuse, sans douce colline pour retenir le regard, sans penser au célèbre plateau, celui de Waterloo qui « vit la chute des géants ».  « Morne plaine » roulait dans ma tête, pareil au grondement lointain d’une bataille, broyant l’espoir de jours heureux. « Morne plaine », pensée sinistre issue de ce moment où rien ne bouge.
 
Les nuages, immobiles et massifs, posés haut dans le ciel devaient y être inscrits depuis une sorte d’éternité. Etouffant la lumière, ils la coloraient d’un gris crépusculaire lui laissant projeter des silhouettes inquiétantes. Silhouettes d’arbres ? De bois ? Bois de justice ? La plaine était rythmée de gigantesques croix alignées comme d’immenses figurines militaires pour une parade monstrueuse. Présentez armes ? Ces croix, ces gigantesques roues à quatre ou cinq rayons, portaient des corps, les uns crucifiés, les autres écartelés. Certains des suppliciés vivaient encore. Au pied de l’une d’entre elles, je vis, entravé, le pauvre corps séché d’un vieillard centenaire : le pape de l’écologie était crucifié sur une éolienne.
 
Il en est de l’air comme il en est de l’eau, dans l’un et l’autre cas ce sont des fluides. Tel barrage installé sur le cours de tel fleuve en réduit ou perturbe le débit en contrebas. Un champ d’éoliennes judicieusement localisé ne laisse guère d’énergie disponible pour les champs installés en arrière. C’est ainsi que les disputes entre investisseurs et exploitants éoliens au sein d’un même pays dérivèrent en conflits entre nations, en risques de conflagrations avec leur cortège de menaces de sabotages et de boycottages. Il n’y eut pas de conflits car la Haute Autorité des Nations Unies pour les Vents et les Marées s’interposa. Un accord fut trouvé entre la France et la Russie par exemple : les plaines à vent de la Beauce s’étaient accaparé les flux aériens qui auraient dû balayer les grandes plaines du Don et de la Volga. On put aussi régler les questions d’énergie transfrontalière : les vents de sable du Sahara, d’où venaient-ils ? Où allaient-ils ? A qui leur énergie devait-elle profiter ?
 
Les uns et les autres commençaient à fourbir leurs armes…. Lorsqu’un coup de tonnerre figea les opposants. Les Boliviens et les Péruviens, plutôt que de s’opposer à nouveau sur l’Altiplano, avaient décidé de se partager l’énergie tirée de gigantesques champs installés si haut qu’ils n’encouraient aucun risque d’être gênés par leurs voisins, ni de les gêner. Pourtant, le rendement énergétique se révéla dérisoire. Les paysans boliviens d’origine Inca incriminèrent les dieux. On fit quelques danses du vent. Rien n’y fit. Des études furent lancées et l’horreur s’abattit sur la planète. Un rapport venait de mettre en pièces toutes les théories, tous les dogmes, tout ce qui avait été transformé en vérité d’évidence.
 
Toutes les études concordaient : le stock de vent de la planète était épuisé. A force de récupérer le vent, on l’avait ralenti. Insensiblement tout d’abord : personne n’y avait trop prêté attention. N’était-il pas évident que l’énergie du vent était la plus propre et la plus durable ? Plus tard, le dogme étant menacé, des scientifiques furent jetés en prison. Quelques « anti-alter » furent enfermés dans des asiles psychiatriques : se moquer à ce point des évidences en matière d’énergie durable en disait plus long sur leur déraison que sur leurs raisons. Pourtant, les faits demeurèrent têtus : le vent ne soufflait plus !
 
Plus de vent, ce sont les lisiers des porcs en Bretagne qui puent de plus en plus fort, rendant même la vie des agriculteurs insupportable. Plus de vent, c’est le pollen qui ne se disperse plus, mettant toutes les espèces végétales en danger. C’est la marine à voile qui reste encalminée. Sans vent, plus de vague, donc plus de surf. Sans vent enfin, plus de cerf-volant. Le rapport concluait durement : « Sans vent, la vie sur la planète est menacée ». En couvrant la terre de millions d’éoliennes on avait épuisé la puissance et la disponibilité du vent. L’énergie douce du vent, sans limitation et sans risque, venait de provoquer la pire des catastrophes écologiques de tous les temps.
 
C’est alors qu’une explosion de fureur folle saisit tous les peuples de la terre. Un humour noir aurait évoqué « un vent de folie… ». Des prophètes émergèrent qui prêchèrent une croisade « anti-éolienne ». Les images symboliques du Dieu Eole furent piétinées. De nouveaux cultes firent leur apparition.
 

Lorsque la colère des peuples retomba, les plaines parurent plus mornes encore. Sans vent pour faire tourner les pales, sans énergie donc et surtout sans vent pour que la terre vive, que faire ?  On essaya bien de mettre les écolo au travail. Ceux qui n’avaient pas été crucifiés furent enchainés à proximité des champs d’éoliennes et on les fit souffler vers les pales. Les résultats furent misérables pour ne pas dire plus. La qualité du vent produit était médiocre et sa puissance d’autant plus faible que, mal nourris et victimes des pires sévices, les souffleurs furent décimés… et de toute façon, cela ne donnait pas à la planète les vents dont elle avait besoin.
 
C’est alors qu’un Français trouva la solution : les centrales nucléaires françaises avaient été mises sous cellophane tout en étant soigneusement entretenues. «Nos pyramides ! » s’était exclamé un Président de la République Ecolo.
 
On les fit redémarrer. Le courant électrique produit fut dirigé vers les éoliennes.  Les pales de ces dernières avaient été inversées. Alors, de courants d’air en flux d’altitude, de zéphyrs en alizés et même de tempêtes en tornades, le vent revint.

 
La moustache de Poutine

 

Entre Poutine et Martinez quelle différence ? la moustache, évidemment ! Poutine, pour tromper son monde, attaché à ne pas ressembler physiquement à Staline, prit le look « Glasnost ». Donc plus de moustache au physique. Au mental, Staline, Poutine, c’est bonnet noir et noir bonnet. Sur-consommation de soldats ; compensation de l’incompétence d’une population de moujiks par le nombre de soldats actifs (et donc de soldats morts) ; glorification de la sainte Russie sur fond de déclin démographique ; usage abusif de vodka allongé de liquide pour frein.

Que devient Martinez dans cette configuration ? Pour des raisons historiques, il n’a pas eu besoin, comme Poutine, de proclamer sa différence avec Staline. Depuis 2001, la CGT a posé le refus de tout soutien à un programme politique et, en 2006, à toute co-élaboration d’un programme électoral.

Donc, le patron de la CGT peut sans complexe arborer la moustache de Staline. Personne ne le lui reprochera. La CGT n’est pas communiste et son patron n’est pas du PCF. Pour autant, il y avait bien, et il y a toujours, consanguinité entre PCF et CGT même s’ils ne sont pas dans le même timing. Ce sont des losers dans les deux cas mais pas dans le même espace-temps. Le PCF avait raté les marches de l’histoire. Il fallait que la CGT s’en sépare sauf à être entraînée dans sa lamentable débâcle, mais, comme cela s’est passé en ex-URSS, les vieux communistes étant obligés de trouver un point de chute se sont repliés vers les anciens copains. Et voilà que les moustaches de Staline ont repris du service et sont redevenus le panache blanc du secrétaire général de la CGT.

Hélas ! Le même mal qui a mis par terre les héros communistes est en passe de frapper les héros syndicalistes. Les moustaches se mettent en berne, comme les drapeaux des armées vaincus ou les branches des sapins de Noël faute de sol nourricier. « La CGT, combien de compagnies » aurait ricané Staline ! Martinez qui y croyait en vient à s’attrister. Cependant, dans un de ces moments où il faut reprendre l’initiative contre la fatalité, le voilà qui s’imagine physiquement en Staline, n’ont-ils pas les mêmes moustaches ? et moralement, en Poutine, n’est-il pas, en syndicaliste, pareil au flamboyant artilleur de la Sainte Russie ?

Entre Poutine qui bousille les infrastructures de ses ennemis, hôpitaux, écoles, chemins de fer, canalisation d’eau, routes et réseaux d’électricité et Martinez qui s’en prend de même aux populations civiles en leur interdisant l’accès et l’usage des mêmes infrastructures, il n’y a plus que l’épaisseur d’un trait.

« J’ai une armée de fidèles absolument dévoués » dit Poutine en pensant aux Tchétchènes, aux soldats wagnériens et à tous les serial killers de la sainte Russie. Ils seront lâchés dans la nature jusqu’à ce que les massacres auxquels ils se livrent aient provoqué de l’horreur en suffisance. La Russie est sainte et saura reconnaître les bons esprits des mauvais.

« J’ai une armée de fidèles absolument dévoués » dit Martinez en pensant aux conducteurs de locomotives, aux chauffeurs de bus, aux prof de maternelles et mêmes de CP. Et il pense en lui-même, tout bas pour qu’on ne l’entende pas, que les plus violents, ceux qui œuvrent dans les réseaux électriques, dans les centrales nucléaires, dans les raffineries et la distribution d’essence, ceux-là vont être lâchés dans la nature, pour montrer qu’une société démocratique n’est qu’une collection de mollusques en forme de serpillère pas très propre.

« Comme le camarade Poutine, je lâcherai mes meilleurs combattants dans le combat social jusqu’à ce que la serpillère soit essorée ! », s’est écrié, Martinez.
La démocratie, comme l’Ukraine se battra les bras entravés entourée d’amis qui ne veulent pas trop se mouiller et, comme Poutine qui agite son arme nucléaire, Martinez enverra ses meilleurs syndicalistes démolir les centrales atomiques.

Sale temps sur la planète, bientôt il ne restera plus qu’une Chine covidée et Mélenchon, postillonnant des anathèmes

 


 Et même si tout n'est pas brillant
 

On ne peut pas, sans cesse, tous les jours, se désespérer sous les effets délétères de tristes nouvelles. Oui, il est vrai que la découverte d’un corps inanimé, probablement éviscéré suivant un rituel satanique, dans l’extrême ouest de l’Australie rentre dans la catégorie des tristes nouvelles. Et aussi, les morts qui s’accumulent dans les couloirs des urgences médicales des hôpitaux de Chongquing (Chine) ; et la disparition du timbre rouge sournoisement organisée par des pouvoirs publics obsédés par la seule recherche de la productivité.

L’argent est partout. Les médias doivent, pour attirer les recettes publicitaires, démultiplier les scènes d’horreur. L’arrogance des mauvaises nouvelles et le mépris social s’abattent sur des innocents. Sans pitié, pour faire frissonner le peuple de France, on supprime des tournées postales, jusqu’à Sornac (Corrèze).

Si tout semble noir, il en est qui pense pourtant que la lumière est au bout du tunnel. Les bonnes nouvelles sont modestes, elles ne savent pas se mettre en valeur. Il faut les aider. Bien sûr, on ne parviendra jamais à les habiller de lumière mais on parviendra à leur redonner la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre.

Après avoir été adulé, on a vu le bitcoin poussé dans les ruisseaux mal odorants de la finance crypto et de la spéculation. Mais voilà qu’une bonne nouvelle s’est glissé dans la masse des mauvaises : le bitcoin, on vient de le découvrir permettra de décupler la production de Tulipe. Le bout du tunnel ? En somme, en faisant tourner les ordinateurs indispensables au fonctionnement de la fameuse monnaie cryptée, on produit de la chaleur, en continu. La chaleur est bonne pour les tulipes. En faisant tourner les ordinateurs, on fait du bien aux tulipes. Donc, produire du bitcoin c’est comme si on produisait des tulipes. Jamais dans le monde monétaire, on avait pensé le dire avec des fleurs.

Cette magnifique découverte a rejoint dans le monde des bonnes nouvelles modestes, la fameuse affaire du manque de vent dont on avait décrit, les horreurs, (telles que les média aiment les rapporter). Il est évident qu’il faut injecter de l’énergie dans les ordinateurs pour que la bonne nouvelle ci-dessus soit validée. C’est pourquoi les promoteurs de l’expansion des champs de tulipe ont proposé l’implantation de champs d’éoliennes aux alentours. La boucle serait bouclée. Les éoliennes produiraient de l’énergie. Celle-ci serait injectée dans les ordinateurs. Les ordinateurs tourneraient pour produire du bitcoin de qualité premium. Le fonctionnement des ordinateurs serait accompagné de chaleur qui assurerait le développement des tulipes.

C’est ici qu’on retrouve un drame, celui qui viendrait de la pénurie de vent, accompagnée de l’inévitable pénurie d’électricité, drames d’autant plus dramatiques, que voilà une bonne nouvelle qui serait effacée par celles que les médias adorent, une mauvaise.

Rassurons-nous : on a montré qu’il suffirait, pour anéantir les effets malsains de cette mauvaise nouvelle, de relancer les centrales nucléaires.
Ainsi donc, voilà une bonne nouvelle, quoiqu’il en soit des techniques de production de l’électricité, la production de bitcoins réchauffera les tulipes.
Mais, au fait, que se passerait-il si la demande de bitcoin s’effondrait ? Ce serait une très mauvaise nouvelle, on ne pourrait plus produire de Tulipe !!!  


 

PS : il y a d’autres bonnes nouvelles qui nous font l’atmosphère plus pimpante et gaie. Des exemples :

Evgueni Prigojine : le patron de la fameuse armée privée russe a récemment invité ses soldats à la délicatesse "Ne buvez pas trop, ne violez pas les femmes..."

Deux bonnes nouvelles : Le prix du pétrole est revenu à son niveau d’octobre 2020, heureusement, le gouvernement continue les aides, comme si de rien n’était…

Une bonne nouvelle royale : malgré un pénis gelé, un homme peut continuer à marcher.

Une très bonne nouvelle d’origine germanique: par exception à la législation française sur les enchères, la pratique allemande de la «Maifrauenversteigerung», littéralement « la vente aux enchères de femmes de mai » sera autorisée en Alsace sur des teutonnes. Deuxième bonne nouvelle, ces enchères pourront être pratiquées en ligne. Troisième bonne nouvelle, d’origine française : ces ventes pourront être pratiquées toute l’année. Cela devrait donner aux enchères françaises un avantage compétitif fort sur les enchères allemandes.

 


"La gauche des allocations et des minima sociaux ". 
 

C’était en septembre 2022. Dans un grand élan disrupteur, le secrétaire général du Parti Communiste Français, Fabien Roussel, s’enflammait et « déclarait défendre le parti du travail » en estimant qu'il était pour lui nécessaire de se revendiquer de "la gauche du travail" face à "la gauche des allocations et des minima sociaux ". 

La presse n’en revenait pas et décida de la jouer mezza-voce : sûrement Fabien avait fêté quelque chose la veille, ou même le matin ; probablement, Fabien avait  bu trop de vodka, pas de la bonne, de la vodka fabriquée en Russie, comme ils ont l’habitude de faire. Ils avaient peut-être un peu forcé sur le liquide pour frein.

On peut se rassurer. Fabien s’est remis. Il ira bientôt manifester au nom du repos et pour qu’on arrête de travailler le plus tôt possible. Pour ça, il veut un million de gens dans la rue. Mais, au fait, c’est quoi cette histoire de « un million de manifestants » ?

Disons-le clairement : il s’agit de s’opposer aux pouvoirs et aux décisions de la représentation nationale. L’année dernière, les élections présidentielles avaient rassemblé 35 millions de votants. Ce n’étaient sûrement pas les bons : Fabien pense que 1 million, c’est bien suffisant. Sûrement, les 34 autres millions sont les imbéciles qui n’ont rien compris. Heureusement, Fabien, lui, a compris. Un million c’est la même idée que Trump mais c’est mieux que son petit troupeau de MABA (make america back again).

C’est en tout cas la pensée profonde de M. Mélenchon, l’opposant structurel, l’homme qui aurait dû être à la place de l’autre, le détestable Macron, même si cette pensée est paradoxale : Mélenchon passe son temps à se faire battre aux élections. Il en souffre. Finalement, faute de 35 millions de votants, il dit et le répète, il se contenterait d’un million de manifestants et d’un strapontin au conseil des ministres.

Un million c’est beaucoup ? Martinez en est convaincu. C’est beaucoup plus que ce qu’ont été capables de rassembler Donald Trump ou Jair Bolsonaro. Pourtant, il s’agissait d’obtenir la même chose : empêcher le fonctionnement normal des institutions, menacer ceux qui prétendaient que Biden avait été élu, mettre le feu à la chambre des représentants et, éventuellement, pour compléter, au Sénat… Avec un million de manifestants, Martinez est sûr qu’on pourra faire ce que les Américains voulaient faire : disrupter la constitution et virer députés et sénateurs avec un grand coup de pied au cul. A qui ça sert l’Assemblée nationale ? et le Président ? demande Martinez, ils sont beaucoup moins nombreux qu’un million !

Cependant, il faut considérer la vraie situation de Martinez, qui n’est pas sans faire penser à celle de Fabien ou à celle de Mélenchon. Vu de haut, ce sont tous des losers. L’un parce que le parti communiste n’est plus qu’une vielle mauvaise plaisanterie, l’autre parce que, année après année, la baisse du nombre des adhérents de la CGT indique que la fin est proche, quant au dernier, le patron de la CFDT, il fait penser à Jair bolsonaro. Il est contre les électeurs qui ne sont pas de vrais syndicalistes. Il veut mobiliser un million de manifestants pour interdire tout vote des représentants de la nation car il est très mécontent : le président l’a interrogé sur cette réforme, il a donné son opinion, c’est-à-dire édicté ce qu’il voulait. Comme on n’a pas tenu compte de ses désirs, il a décidé qu’il fallait passer à l’attaque. Un million ce sera un début.

Tout à coup une pensée m’est venue : si, avec un million de manifestants on peut renvoyer 35 millions de votants dans leurs foyers, ne faudrait-il pas cesser ces dépenses inutiles ? Ne faudrait-il pas se contenter du million que Fabien, Mélanchon et Martinez appellent de leurs vœux.

Même les Athéniens avaient découvert que « pas beaucoup » avec des gourdins vaut mieux que beaucoup avec des bulletins de vote.

 

La mort du chat


Le 2 janvier dernier, le chat d'une mère et sa fille a été écrasé par un train sur les rails de la gare Montparnasse, à Paris.

Souvenez-vous ! Le petit chat était mort et vous n’étiez pas très grand ! Pourtant, Il vous fallait expliquer l’importance de ces 5 mots dans la culture française.

« Le petit chat est mort » ? Evidemment, Molière décrivait un huis clos, plein de vide, celui d’une femme exprimant toutes les pensées des jours qui venaient de passer. Car, pouvait-on imaginer plus vide de sens que cette mort du petit chat ? la mort d’un petit chat sous Louis XIV, n’était qu’un évènement creux dans un espace informationnel vide.

La seule conséquence de cette mort du chat ? Un coup de balai pour évacuer ce que le train en avait laissé et un coup de serpillère pour nettoyer la place.

Qu’en dire de plus ? Beaucoup de choses dans les faits : des choses sur les femmes, des choses sur les chats et quelques autres sur la mort. Décontextualisons toutes ces choses. Adoptons la posture contemporaine en vertu de laquelle tout dans cette phrase dénonce une époque immonde : mépris des femmes, mépris des chats, mépris de la mort. L’attitude que tout ceci révèle est glaçante (comme on dit aujourd’hui) et appelle à une belle dose de wokisation pour qu’enfin, justice soit faite, pour que la pensée soit rendue aux femmes, pour que le respect qu’on doit à l’humain soit étendu aux chats, pour que la mort par indifférence soit réprimée comme la mort par violence.

« Le petit chat est mort » ? De nos jours, ce doit être l’expression d’une triste pensée devant le trépas d’un de nos amis les animaux (qu’ont-ils donc de si différents de nous que nous ne puissions avoir une pensée pour eux au moment de l’ultime instant ?).

« Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Homme,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux ! « 
 
Fort heureusement, notre époque a reconquis de haute lutte le regard compassionnel qui fait de nous des hommes.

En témoigne, ce mouvement empathique qui suivit l’horrible accident survenu dans les tréfonds de cette gare parisienne. Les faits : pressée de monter dans le wagon qui devait l’emporter vers une de nos belles provinces, une petite fille ne prends pas garde à son chat installé dans un sac protecteur. Celui-ci, anxieux ou curieux, s’échappe du sac et s’en va se promener sur les rails sous les wagons. Cris de la petite fille, appels au personnel de la SNCF. Le train va partir. On écarte prudemment la petite fille : c’est le train qui prime. La petite fille est instruite qu’on ne la laissera pas aller chercher son chat. Le train démarre. Le chat est coupé en deux. Hurlements de la petite fille. Hurlement de la mère de la petite fille qui s’en prend aux autorités locales.

La petite fille ne sera jamais consolée. Elle fera sans cesse des cauchemars. Dans son sommeil, son chat prendra toute la place ; allongé sur un cresson bleu, il exhibera ses trous rouges sur le côté. 
Heureusement, notre temps n’est pas celui où les petites filles peuvent perdre leurs petits chats dans l’indifférence générale. Une ONG s’est précipitée, la Fondation 30 millions d'amis, a porté plainte contre la SNCF pour "actes de cruauté" à l’égard du chat qui n’est rien moins qu’un de nos amis comme tous les animaux.

La justice française se mobilisera sûrement.  
La petite fille sait aujourd’hui qu’on ne laissera jamais personne lancer ces propos indignes :
« …souffre et meurs sans parler. »

 

 Comprendre le Métavers en 20 questions

 

 

 

 

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