Soliloques sur l'Art, novembre 2018

Kyriakos et ses ours chez Gad

Galerie Gad Collection

4 rue du pont Louis-Philippe,

75004 Paris

 

Je n'aime pas beaucoup les photos de bêtes. Ni domestiques, ni sauvages, encore moins les bêtes qui ont l'air mignonnes et surtout pas les bêtes qui déclenchent des commentaires du genre "quand on voit ce que sont les hommes, les bêtes, elles, au moins etc...". Même le sublime Vigny est tombé dans ce type de gnangnantise:

 

Comment on doit quitter la vie et tous ses maux, 

C’est vous qui le savez, sublimes animaux ! 
A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse 
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse. 

 

Pour moi, les bêtes sont bêtes. La preuve c'est que si les bêtes n'étaient pas bêtes, elles seraient devenues Homme (ou Femme)...

 

Oublions cette hostilité et venons-en à cette très belle exposition chez Gad. 

 

Là, les bêtes sont des ours blancs. 

La caractéristique des ours blancs, pire que les bruns, c'est d'avoir l'air gentil. Les anges bons et près du seigneur sont blancs. Ceux qui ont suivi Lucifer sont sombres de toutes les couleurs avec une préférence pour le noir noir et le brun sombre. 

 

Les blancs seraient donc les anges de l'espèce quand les bruns ne seraient que des brutes avides de sang et de mûres sauvages. (on ne peut pas imaginer un animal sauvage boulottant des fruits domestiques). 

 

Eh bien, ce n'est pas vrai. Les ours blancs sont tout simplement pire qu'une panzer division lancée sur les plaines ukrainiennes. Ce sont de très méchantes bêtes prêtes à attaquer tout ce qui se présente de comestible. 

 

Dont l'homme. 

On les imagine aisément manger sans honte, un pasteur évangélique venu leur faire part de la Révélation.

 

Alors pourquoi passer du temps à parler de photos montrant ce triste sire dans son plus simple appareil: sa fourrure blanche. Au moins deux raisons m'y ont conduit. 

 

La performance du photographe. On a vraiment l'impression qu'il s'est rapproché de ces bêtes au delà de toute prudence. Pareil au torero dans l’arène aride et écrasée de soleil, il les aurait suivis sur leurs glaçons à la dérive. Et les aurait shootés à dix pas. Dans la réalité, Gad me l'a confirmé, il était à 100 mètres, prêt à dégager en cas de problème. Mais, quand même! Ces animaux ont le flair fin et une capacité de déplacement exceptionnelle. Après tout c'est leur habitat davantage que celui des photographes. Donc, le photographe a pris des risques. 

 

Deuxième raison, le photographe a pris des risques avec l'image. De fait, sa mission de photographe est de prendre des photos qui montrent quelque chose. idem pour un peintre. Par exemple: Malevitch, au début ne prend pas trop de risques: carré noir sur fond blanc. Ce n'est que bien plus tard qu'il tentera le grand saut: carré blanc sur fond blanc. Eh bien, ici, notre photographe tente tout de suite le grand coup: ours blanc sur neige blanche et glace blanche aussi et eau pratiquement de la même couleur. Un vrai défi pictural, lancé sur fond de menace animale. 

 

Le défi a été relevé. Le photographe est revenu entier avec des photos assez étonnantes. Magnifiques. On dit que les Inuit connaissent une trentaine de variétés de blanc. Ici, les images mettent en valeur une bonne dizaine de blanc. les photos sont fascinantes de finesse picturale et de sensibilité. Si je n'aime pas les bêtes, en particulier celles qui stimulent l'émotionnel primaire de mes contemporains, j'ai ici été sidéré par l'esthétique des formes et une plastique qui appartient d'habitude au marbre.

 

 

Magnifique résultat pour cette cette expédition. 

 

 

 

Bravo Gad.

Images d’Epinal ou imagerie d’Epinal

 

 

Est-ce de l’Art ? Evidemment non, c’est de la Décoration. Mais la décoration n’est-pas l’Art rentré dans les habitudes ? De l’art dans lequel on se sent bien, qui sait vous entourer, apaiser ou réjouir. Ce serait le beau enfin domestiqué, qui suit son maître au lieu de le précéder.

 

Au fait, de quoi parle-t-on ici ? Est-il question de revenir sur la théorie de l’Art pour clore définitivement des millénaires de ratiocinations ?

Au fait ! Pas de débat sur l’art, mais une visite impromptue, par hasard, dans une galerie où je ne m’attendais pas du tout à trouver ce que j’y ai vu.

Des images d’Epinal.

 

Des images d’Epinal transformées en éléments de décorations.

 

Des images d’Epinal dans tous leurs états. Mais toujours, cette ligne claire, qui grossie 10 fois devient encore plus claire et offre au regard schématisations et simplifications, comme émergent les pixels d’une photo lorsqu’on procède à des grossissements de plus en plus marqués.

 

Maison Image d’Epinal développe l’idée originale de tirer parti de ces images-là, soit en extrayant un thème, un dessin, un arbre ou un oiseau d’une image de taille classique, soit en agrandissant une image, soit en focalisant sur un détail.

 

Résultat charmant assuré, à condition que vous aimiez bien sûr les Images d’Epinal, avec ce qu’elles ont de naïveté, de charme et de naturel. Images d’enfance … mais après tout que fait Jeff Koons avec ses « Mickey » …

 

 

A voir rue 56 rue chapon dans le 3ème arrondissement. 

Olga Luna, chez BOA

Olga Luna chez BOA,

11 rue d’Artois 75008

Jusqu’au 30 décembre

 

L’excellent Philippe-Charles Ageon, Galeriste de renom, tranche cette fois-ci avec ses habitudes picturales et photographiques. Je dis « tranche » car, sa ligne éditoriale suit assez rarement impératifs austères et lignes rigoureuses. Il lui est arrivé de valoriser la ligne claire. On lui connait des artistes au dessin simple et efficace. On le sait capable de tenter les styles nationaux dans toutes leurs richesses. On le découvre ici montrant des lignes droites, des sécantes et des croisantes, définissant des figures géométriques épurées dans des espaces euclidiens.

 

Olga Luna lui offre une palette de couleurs simples pour remplir des polygones, des triangles et les faire vibrer, directement, clairement aux yeux des regardeurs. Observant ses œuvres dans toute leur sympathique simplicité, il m’est venu de curieuses comparaisons. L’artiste aurait décidé de rendre à Poliakoff la clarté qu’il aurait perdue, juxtaposant des formes sans prétention et les animant de couleurs pures.

 

L’artiste est bien loin des complications du genre Mondrian ou Kandinsky. Elle montre de grands tableaux, mais d’autres aussi de taille plus modeste. J’ai bien aimé, cet œuvre fait de plusieurs petits tableaux. On se dit qu’il serait dommage de les voir séparer. On se dit que l’ensemble forme un panneau vibrant, animé, où les couleurs enserrées dans leurs figures à deux dimensions, semblent s’interpeller.

 

Elle propose aussi des sortes de totems, aux couleurs de terre, toujours animés de ses figures géométriques. Un gigantesque ensemble composé de boîtes met en valeur des formes, des dessins, illuminés parfois. Construction modulaire originale.

 

 

Belle exposition à voir.

 

 

La toujours excellente galeriste, Suzanne Tarasieve, présente une très belle série d’œuvres allemandes venant des meilleures artistes .

 

Sont rassemblés Baselitz, Immendorff, Katz, Lüpertz, Penk et Polke.

 

Le nec plus ultra.

Les meilleurs.

Il faut aller voir absolument.

 

C’est jusqu’au 5 janvier 2019

 


 Comprendre le Métavers en 20 questions

 

 

 

 

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